Médecine du travail dans la fonction publique : à quelle fréquence devez-vous être suivi ?

À quelle fréquence un agent public doit-il être suivi par la médecine du travail ? Les règles ne sont pas exactement identiques selon que l’on relève de la fonction publique territoriale ou de la fonction publique de l’État.
Elles prévoient cependant un suivi périodique, un suivi renforcé pour certaines situations et la possibilité de demander une visite sans attendre l’échéance normale.

Illustration : Wingz — dessin original.
Ce qu’il faut retenir
• Pour le suivi ordinaire, la visite d’information et de prévention est organisée tous les cinq ans dans la fonction publique de l’État comme dans la fonction publique territoriale.
• Certains agents bénéficient d’une surveillance médicale particulière, avec une visite par le médecin du travail au moins tous les quatre ans et une visite intermédiaire.
• Ces délais sont des périodicités maximales : le médecin du travail peut organiser un suivi plus rapproché lorsque la situation de santé, le poste ou les risques professionnels le nécessitent.
• Un agent peut demander une visite à tout moment, sans que son administration ait à connaître le motif de sa demande.
Dans la fonction publique territoriale
Depuis le 12 décembre 2025, la visite d’information et de prévention des agents territoriaux est organisée au minimum tous les cinq ans.
Avant cette date, le décret prévoyait une visite au minimum tous les deux ans : la réglementation a donc été profondément modifiée.
Une visite effectuée par le médecin du travail doit toutefois être organisée au minimum tous les quatre ans pour les agents relevant d’une surveillance médicale particulière, ceux dont le poste ou les conditions de travail ont été aménagés, ainsi que les agents bénéficiant d’une période de préparation au reclassement.
Pour ces agents, une visite intermédiaire doit intervenir au plus tard deux ans après la visite réalisée par le médecin du travail.
Elle peut être effectuée par le médecin, un collaborateur médecin ou un infirmier agissant dans le cadre du protocole du service.
Qui bénéficie d’une surveillance particulière ?
Sont notamment concernés : les personnes en situation de handicap ; les femmes enceintes, venant d’accoucher ou allaitantes ; les agents réintégrés après un congé de longue maladie ou de longue durée ; les agents exposés à un risque particulier pour leur santé ou leur sécurité ; et les agents souffrant de pathologies particulières.
Le médecin du travail définit la nature et la fréquence du suivi.
La périodicité réglementaire ne l’empêche donc pas de prévoir des rendez-vous plus fréquents.
Dans la fonction publique de l’État
Les agents qui ne relèvent pas d’une surveillance médicale particulière bénéficient d’une visite d’information et de prévention tous les cinq ans.
Pour les agents en situation de handicap, les femmes enceintes ou allaitantes, les agents réintégrés après un congé de longue maladie ou de longue durée, les agents occupant certains postes à risques et ceux souffrant de pathologies particulières, la périodicité du suivi ne peut pas être supérieure à quatre ans.
Une visite intermédiaire est également prévue.
Peut-on demander une visite sans attendre ?
Oui. Dans la fonction publique territoriale comme dans la fonction publique de l’État, l’agent peut demander une visite avec le médecin du travail ou un membre du service de santé au travail, sans que l’administration ait à connaître le motif de cette demande.
Cette possibilité est importante en cas de dégradation de la santé, de difficultés liées au poste, de reprise après une absence, de besoin d’aménagement ou d’exposition à un risque professionnel. Il n’est pas nécessaire d’attendre la prochaine visite périodique.
Que faire si le suivi n’est pas organisé ?
Vous pouvez demander par écrit à votre employeur les coordonnées du service de médecine du travail ou de médecine de prévention et solliciter l’organisation de la visite à laquelle vous avez droit.
Conservez une copie de votre demande. En cas de difficulté persistante, rapprochez-vous de vos représentants CFDT afin d’examiner la situation et les démarches adaptées.
La position de la CFDT
L’allongement de la périodicité réglementaire ne doit pas conduire à affaiblir la prévention.
Le suivi médical doit rester adapté aux risques réels, aux métiers exercés, à l’état de santé des agents et aux besoins d’aménagement des postes.
Les employeurs publics doivent donner aux services de médecine du travail les moyens humains nécessaires pour exercer pleinement leurs missions.
Références officielles
Besoin d’aide pour faire respecter votre droit au suivi médical ? Contactez la CFDT Interco Haute-Garonne Ariège.




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